Bien vivre en EHPAD12/10/2015

Soins, cadre de vie, hôtellerie, restauration, animations etc. : quelles sont les précautions à prendre pour renforcer la qualité de vie en établissement ? Comment répondre aux attentes des résidents ? Eclairages avec les premières recommandations de l’Anesm.

Quatre recommandations de bonnes pratiques professionnelles, différentes mais complémentaires : autant dire que le thème de la qualité de vie en Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) occupe une place importante dans le programme de l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médicosociaux (Anesm)1. Le premier volet porte sur l’entrée en établissement tandis que le second concerne le cadre de vie et la vie quotidienne. A venir en 2012, la recommandation sur la vie sociale des résidents et enfin, celle portant sur les interactions entre état de santé et qualité de vie.
Mais qu’est-ce qu’au juste la qualité de vie ? Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette notion peut être définie comme « la perception qu’a un individu de sa place dans l’existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lesquelles il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes ».

Soigner l’entrée en établissement

« Le bien-être des résidents est influencé de manière significative par la façon dont ils ont vécu leur entrée dans l’établissement. Pour les personnes qui l’ont bien vécue, les chances de se sentir bien aujourd’hui dans l’établissement sont presque six fois plus élevées que pour les personnes ayant mal vécu leur entrée, toutes choses étant égales par ailleurs », conclut une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) sur « La satisfaction des personnes âgées vivant en Ehpad et en maison de retraite en 2007 ».
Quels sont les éléments facilitateurs d’une bonne entrée en établissement ? « La bonne préparation au changement de lieu de vie, l’absence de précipitation ainsi que la participation active du résident à la décision d’entrer, un jour, dans une institution », répond Amandine Weber, auteur de l’étude de la Drees intitulée « Regards sur les conditions d’entrée en établissement pour personnes âgées ».
En effet, l’entrée en Ehpad est bien souvent un choix contraint motivé par l’impossibilité de rester à son domicile. C’est pourquoi l’Anesm préconise de renforcer l’information des personnes âgées et de leurs proches lors de la demande d’admission, d’accompagner et de préparer l’entrée en établissement et enfin, d’instaurer une période d’accueil et d’adaptation au nouveau lieu de vie. L’accueil proprement dit de la personne âgée est un moment clé à prendre en considération. L’Anesm recommande ainsi de désigner un professionnel référent pour le nouveau résident mais aussi de lui présenter les lieux et les autres résidents. Les professionnels sont appelés à être vigilants pour ce qui est de l’intégration de la personne âgée durant les premières semaines du séjour afin de repérer toute difficulté éventuelle.

Établir un projet personnalisé

« Le concept de personnalisation est la pierre angulaire de la qualité de vie dans la mesure où il implique que chaque projet d’accompagnement soit basé sur les attentes de la personne et non pas seulement sur ses besoins », insiste l’Anesm. L’élaboration du projet personnalisé doit être entreprise quel que soit le niveau d’autonomie du résident. Il doit en effet être coconstruit avec la personne âgée et ses proches. « Le dialogue avec chaque résident et avec les familles, notamment lors des évaluations des projets personnalisés, permet de nourrir la réflexion des équipes sur l’amélioration de la qualité des prestations. Les travaux du conseil de la vie sociale et les enquêtes de satisfaction peuvent être utilisés pour améliorer accueil et accompagnement, et assouplir les règles de la vie collective », rappelle l’Agence.

Favoriser l’appropriation des lieux

« Au sein de l’établissement, les personnes qui disent se sentir « chez elles » dans leur logement sont plus souvent satisfaites que les autres résidents de leurs conditions de vie. Si l’environnement matériel favorise le fait de se sentir « chez soi », la possibilité de s’y investir et de s’approprier les lieux est un élément tout aussi important », souligne l’Anesm dans sa deuxième recommandation. Et de formuler des pistes d’action concernant la personnalisation de la chambre, les objets personnels, le respect de l’intimité mais aussi la reconnaissance de la vie affective et intime des résidents. Enfin, autre élément majeur pour assurer la qualité de vie : les relations entre les personnes âgées accueillies et les professionnels. Sur ce point, l’Anesm conseille de stabiliser autant que possible les équipes autour d’un résident et de faciliter ainsi l’identification des membres du personnel par les résidents et leur famille.

Les recommandations de bonnes pratiques de l’Anesm sont consultables sur son site internet : www.anesm.sante.gouv.fr

Le point de vue des résidents

Selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) intitulée « La satisfaction des personnes âgées vivant en Ehpad et en maison de retraite en 2007 », la grande majorité (86 %) des personnes âgées déclarent vivre « plutôt bien » ou « très bien » en maison de retraite. Les proches des résidents aussi sont globalement satisfaits des prestations offertes.
« Ce constat peut sembler paradoxal quand, par ailleurs, plus de la moitié des Français déclarent que vivre dans un établissement pour personnes âgées n’est pas envisageable pour eux et que seuls 17 % d’entre eux envisageraient de placer un de leurs proches dans une institution spécialisée si celui-ci devenait dépendant », note Julie Prévot, auteur de l’étude. Le sujet d’insatisfaction le plus cité par les résidents (38 % d’entre eux) concernant leur séjour porte sur l’impossibilité de sortir de l’établissement ou pas aussi souvent qu’ils le souhaiteraient.